Solitaire du Figaro: Grosse frayeur pour Franck Le Gal, entre en collision avec un cargo

Sunday, 03 August 2008


Franck Le Gal (Lenze) fait route au moteur vers la Trinité-sur-Mer. Il est sain et sauf mais doit abandonner : dans la nuit noire et sans aucune visibilité, son Lenze a été abordé par un cargo et a démâté. Côté compétition, Gildas Morvan (Cercle Vert) est toujours en tête.

Peu avant 3h00 cette nuit, Jean-Paul Mouren ([email protected]) a appelé le bateau direction de course pour relayer l’information : Lenze, le bateau de Franck Le Gal, a été abordé par un cargo au beau milieu du golfe de Gascogne, à 275 milles dans l’ouest de La Rochelle. Sous le choc dans la nuit noire sans aucune visibilité, Lenze a démâté. Fort heureusement, Franck n’est pas blessé et il n’a pas fait état d’autre dégâts importants hors le démâtage. Franck, sain et sauf, ne demande pas assistance. Les CROSS (Gris-Nez et Etel) qui coordonnent les secours en mer ont été prévenus, sa famille aussi. Pour l’heure, le skipper de Lenze se débrouille donc par ses propres moyens. Il a mis le cap au moteur sur son port d’attache de la Trinité-sur-Mer. Eglantine, le bateau sécurité de La Solitaire piloté par Patrick Eliès, se porte à ses côtés et arrivera sur sa zone vers 7h30 ce matin. Eglantine pourra ainsi fournir deux bidons de gasoil à Franck Le Gal. Lenze est à environ 210 milles de la Trinité, soit entre 30 et 50 heures de moteur - selon l’état de la mer et si Franck réussit ou pas à établir un gréement de fortune avec sa bôme et son tangon pour se faire aider par le vent, heureusement portant pour lui. Si Franck est évidemment très déçu, « sa voix est claire et il a la situation en mains » estime Patrick Eliès qui a pu le joindre par VHF. Hélas, Franck Le Gal, qui était 14e du classement général a signifié son abandon définitif : le délai est trop court pour rentrer, réparer et être au départ de la troisième et dernière étape de cette Solitaire. Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer quel cargo est en cause.

A la vacation, l’événement était évidemment d’actualité. « La collision avec un cargo, c’est en ce qui me concerne la plus grande cause de stress » témoigne ainsi Robert Nagy (Theolia). Alors que le vent a légèrement molli aux environs de 15 nœuds et que la mer s’est bien aplatie depuis hier soir, Gildas Morvan (Cercle Vert) est toujours en tête avec 9 milles d’avance sur Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) et Gérald Véniard (Macif). Les vitesses des bateaux sont désormais de l’ordre de 8,5 nœuds. La tête de course est à 300 milles de Cherbourg-Octeville, mais plus qu’à 140 milles de Ouessant, qui devrait être passée "la nuit prochaine selon Antoine Koch". Ce soir, il pourrait bien y avoir du jeu dans les courants puisque ceux-ci sont favorables dans le Fromveur jusqu’à 22h et très défavorables à partir de 23h.

BM

Ils ont dit

Patrick Eliés, skipper d’Eglantine, bateau sécurité :

« Nous avons pu joindre Franck Le Gal par VHF, il est évidemment déçu de devoir abandonner mais sa voix est bonne et il a la situation en mains. Il n’y a plus de mât sur Lenze, mais il a conservé sa bôme et son tangon qui peuvent éventuellement lui permettre de se constituer un gréement de fortune. Nous allons lui fournir du gasoil pour qu’il puisse rentrer au moteur vers la Trinité. Il a le vent et la mer pour lui sur ce cap. Nous referons le point avec lui quand nous serons sur sa zone et pourrons le voir, vers 7h30 je pense .»

Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) :

« Il y a de l’humidité, du brouillard cette nuit et on n’est pas super serein quand on voit ce qui s’est passé pour Franck. Des cargos, j’en ai croisé deux ou trois, ça fait un peu flipper je n’ai donc fermé qu’un œil. Je ne sais pas si je suis dans le bon wagon, cette nuit je n’ai pas arrêté de descendre et remonter par rapport aux autres. Gildas Morvan est bien loin devant, j’espère que ça ne va pas trop mollir à l’arrivée en Bretagne car il reste tout de même 150 miles pour y aller, est ce qu’on a de grandes chances d’arriver avec le courant ou pas ? »

Nicolas Troussel (Financo)

« J’ai appris la collision de Franck, c’est vraiment triste pour lui… ce sont hélas des choses qui peuvent arriver, surtout dans la purée de pois comme en ce moment. J’aurais aimé être un peu plus devant, mais c’est comme ça Je suis mal parti hier, du coup je cours un peu après les premiers (18e à 14 milles, ndr). On va essayer de régler tout ça en arrivant au large de la maison mais j’ai un peu de retard. C’est dur de faire des estimations d’arrivée à Cherbourg entre des vitesses à 6 nœuds ou à 8 nœuds. Le stress c’est de savoir si on va réussir à bien passer Ouessant ou pas… On pourra affiner tout ça demain vers midi. »

Christopher Pratt (DCNS 97)

« Il n’y a pas de visibilité du tout. On surveille les trajectoires des cargos sur l’AIS, nos instruments, mais tant qu’on ne les a pas en visuel c’est forcément abstrait et une collision peut toujours arriver. C’est assez humide, on a du crachin. La vitesse est bonne mais ce n’est pas maintenant que ça se joue, c’est à la pointe Bretagne et ensuite jusqu’à Cherbourg, il faut essayer de rester lucide. »

Antoine Koch (Sopra Group 1)

« La question est de savoir si le vent va refuser ou adonner pour passer Ouessant, la décision du positionnement pour l’approche va se prendre dès ce matin. Je pense que la nuit prochaine on devrait passer Ouessant et qu’il y aura à peu près 24 heures de course ensuite jusqu’à Cherbourg. »

Robert Nagy (Theolia)

« J’ai tiré un peu sur la machine, mais j’ai réussi à dormir un peu donc ça va. Ce matin c’est petit crachin du golfe de Gascogne spécial et un petit peut d’air toujours, du sud-ouest entre 16 et 18 nœuds. Tout a l’air clair jusqu’à la pointe Bretagne, après on verra bien à quelle sauce on risque d’être mangés. On essaie d’anticiper au maximum les trajectoires des cargos, mais c’est ça le plus stressant, l’éventuel contact. »

Voir Solitaire du Figaro images:
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Last Updated ( Sunday, 03 August 2008 )