Transat Quebec Saint Malo: Qui sortira vainqueur chez les monocoques?

Saturday, 02 August 2008

 

Qui sera le prochain à franchir la ligne d'arrivée de cette 7e édition de la Transat Québec Saint-Malo tôt demain matin au pieds des remparts de la Cité Corsaire ? Qui sortira vainqueur chez les monocoques ? Le suspense reste entier d'autant que les derniers milles s'annoncent délicats. Les forts courants, les bascules de vent, les effets de côte sont autant de paramètres avec lesquels il va falloir composer. Et selon la formule, "tant que la ligne n'est pas franchie..."

Les leaders de la Class40 attaquent la dernière partie de cette Transat Québec Saint-Malo. Les deux premiers, "Pogos Structures" d'Halvard Mabire et "Mistral Loisirs" d'Oliver Krauss ont passé, cet après-midi, la longitude de Ouessant. Idem pour Imagine, le multicoque 50' de Pierre Antoine. Après la régate océanique, place maintenant à la régate en Manche avec son lot de courants - très importants en ce début de mois d'août, de bascules, d'effet de côtes et de cailloux. Des éléments avec lesquels il va donc falloir composer dans les heures qui viennent. Mabire, leader de la flotte des 40 pieds depuis 36 heures maintenant, a une recette bien à lui : "on combine le tout avec la météo, on met dans un grand bocal, on touille et on voit ce qu'il en sort " a t-il expliqué lors de la vacation ce midi. Hervé Cléris, skipper du multi 50' aux couleurs de Prince de Bretagne, annonce la couleur : "Cette traversée en Manche sera une belle partie de poker. On peut très bien faire des bons coups comme faire marche arrière. Il va falloir être très vigilant et très malin. "Et pour cause, tant que la ligne n'est pas franchie, tout est possible".

Ne rien lâcher
Certes, au pointage de 15 heures - françaises - ce samedi, le 40 pieds Pogo Structures compte plus de 33 milles d'avance sur son poursuivant direct, mais son skipper reste prudent. "Depuis le début, on fait la course à un rythme complètement fou et ce n'est pas fini. C'est avec beaucoup d'humilité et de concentration que nous abordons cette dernière ligne droite - qui soit dit en passant, risque de ne pas l'être du tout. D'autant plus, que les systèmes météo ayant la fâcheuse habitude de se déplacer d'ouest en est, la pression risque de revenir par nos arrières, histoire de faire monter la nôtre en même temps que celle du vent. L'équipage d'Oliver (Krauss) n'a pas dit son dernier mot", relate Mabire. A bord de Mistral Loisirs, on sait que ce ne sera pas facile mais on ne baisse pas les bras. "Ca va être compliqué d'aller chercher la première place mais on va quand même essayer de se rapprocher au maximum en jouant avec les rotations du vent et les courants. Néanmoins, ce qui est sûr, c'est qu'on ne va pas partir sur une option extrême pour aller chercher la victoire et qu'on surveille Telecom Italia de près". Pour l'heure, ce dernier est quelque peu handicapé sans son spi médium et craint une remontée de Novedia Group - SET Environnement (Tanguy De Lamotte) qui n'est plus qu'à 15 milles de son tableau arrière.

Demain matin à Saint-Malo
Dans le camp des 50 pieds. Si Imagine possède une belle avance de 64 milles sur Prince de Bretagne, Pierre Antoine sait que les derniers milles réservent parfois des surprises : "Ca risque de ne pas être simple car de la molle est prévue sur la fin". Cléris sur Prince de Bretagne espère toujours "Un coup de mistouffle pour jouer encore un coup". Verdict demain matin. Les premiers sont attendus aux alentours de 6h, heure française.

Ils ont dit :

Pierre-Antoine, trimaran Imagine : "Les dernières 24 heures, c'était parfait sauf qu'on a fraulé d'un peu trop près le centre dépressionaire et qu'on s'est fait piéger. Finir avec les 40 pieds fait partie des petites surprises de cette transat. Il est évident que notre objectif est de finir deuxième toutes catégories et on va faire le maximum pour y arriver mais les derniers milles ne seront pas simples car de la molle est prévue sur l'arrivée."

Halvard Mabire, Pogos Structures : "Pour l'instant, c'est difficile d'évaluer notre heure d'arrivée car on tire des bords et que ça peut énormément varier en fonction des nouvelles bascules mais je me verrai bien demain matin à Saint-Malo. Sur la transat, c'est la stratégie météo qui domine alors que sur le côtier qui nous attend, il y a beaucoup d'éléments qui interviennent, à savoir les courants qui sont importants. Jusqu'au bout je vais rester prudent parce qu'il peut encore se passer pas mal de trucs. L'équipage d'Oliver Krauss n'a pas dit son dernier mot. Je pense qu'à la pointe Bretagne, il va nous revenir un peu dessus parce que j'ai le sentiment que ça revient par l'arrière. On verra bien."

Hervé Cléris, trimaran Prince de Bretagne : "Hier n'a pas été une très bonne journée car on avait des fichiers météo apparement faux et on est tombé dans une bulle. Reste qu'on s'est rattrapé cette nuit et que ce matin on a retrouvé du vent qui nous permet de faire route directe sous grand voile haute et gennaker à 14 noeuds environ. En ce qui concerne les derniers milles de la course, on espère toujours un coup de mistouffle pour jouer encore un coup. La journée de demain est très incertaine étant donné qu'on va, a priori, avoir du tout petit temps et que les coefficients de marée sont importants. La Manche est un terrain de jeu que je connais assez bien mais il est évident que ce sera une belle partie de poker car on peut très bien faire des bons coups comme faire marche arrière. Il va falloir être très vigilant et très malin. Malgré tout, je pense que Prince de Bretagne devrait être ancré à Saint-Malo demain soir."

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Last Updated ( Saturday, 02 August 2008 )