La Soiltaire du Figaro: Gildas Morvan (Cercle Vert) est en tete de la troupe

Saturday, 02 August 2008


Après 24h de course, Gildas Morvan est en tête de la troupe qui ferraille sous spi dans le golfe de Gascogne. « Un tout droit » qui est moins simple qu’il n’y parait et qui favorise pour l’heure les coureurs situés aux avant-postes. Comme souvent, ce sont les riches qui s’enrichissent.

Le défilé dans le golfe de Gascogne a débuté au petit matin à un train plus rapide. Le vent d’ouest est désormais calé à plus de15 nœuds, et les bateaux naviguent au largue à 9,5 nœuds moyens, « bringuebalés » dans une belle houle de 3 à 4 mètres qui inspire à Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile) quelques métaphores domestiques : « la mer est très désordonnée. Je ne sais pas qui a rangé tout ça mais, c’est vraiment le bazar. » La balade sous spi n’est donc pas totalement idyllique : il faut garder le contrôle des grandes bulles de 85 m2 qui ont tendance à se dégonfler intempestivement au gré des creux et des bosses océaniques. L’heure est donc à la veille sur le pont, en « short, t-shirt chapeau et crème solaire », la nouvelle panoplie des solitaires depuis l’apparition des premiers rayons de soleil… cela dit, les questions vestimentaires en ce début de deuxième étape, sont un peu le cadet des soucis de nos marins, davantage préoccupés à mettre du charbon pour avancer sur la route.

Attaques de tous bords

« Ca part par devant » semble être un des aphorismes préférés de la cette 39e Solitaire. Souligné à la vacation par Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) et Nicolas Lunven (Foncia), le phénomène est corroboré par la réalité sur l’eau et celle des classements. Comme prévu, la dépression qui est en train de s’évacuer dans le golfe de Gascogne, s’est montrée plus généreuse avec les bons élèves, autrement dit, les plus prompts à quitter cette nuit la pointe de l’Espagne. Le tableau d’honneur revient à Gildas Morvan qui maintient fermement les rênes de la course depuis les premiers pointages ce matin. Le skipper de Cercle Vert, qui a fêté ses 40 ans la veille du départ à Vigo, file en tête, à 8,6 milles de son fidèle dauphin Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), lui-même suivi par le tandem Gérald Veniard (Macif) et Christophe (Lola). Derrière, ça attaque de tous bords avec d’un côté, Romain Attanasio (DCNS 62), et de l’autre un peloton emmené par Christopher Pratt (DCNS 97), constitué de Frédéric Duthil (Distinxion Automobile), Antoine Koch (Sopra Group 1), Jeanne Grégoire (Banque Populaire), Robert Nagy (Théolia), Erwan Tabarly (Athema) et Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs).

Car contrairement aux apparences, le choix de l’itinéraire dans le Golfe ne fait pas l’unanimité. Les marins évoluent sur des routes parallèles, chacun espérant secrètement trouver un vent plus frais ou une bascule plus favorable que celle de son voisin. Les cas de Frédéric Rivet (Bureau Center) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), sont à ce titre exemplaires : décalés au large, dans l’ouest du paquet, ces deux concurrents ont réussi à gagner respectivement 6 et 4 places entre les deux derniers pointages.

Dimanche soir, le piège de Ouessant

Pour les retardataires, la distribution des risées a été plus parcimonieuse. Celle des récompenses aussi. Pendant une bonne partie de la journée, le dernier tiers de la flotte a progressé 1 nœud moins vite que les leaders, d’où des écarts qui dépassent les 20 milles à partir du trentième. La situation est encore plus dramatique pour Elodie Riou (KPMG) à 51,5 milles et Jean Philippe Le Meitour (La Voix de l’Enfant) à 61,6 milles, qui ont raté le train au cap Finisterre.

Mais tout espoir n’est pas perdu. Car les gagnants du moment demeurent des investisseurs à moyen terme. Ils ne sont pas à l’abri d’un grand « krach » à Ouessant où ils pourraient perdre un bon paquet de dividendes au profit de quelques petits porteurs. L’actuel leader, s’il conserve sa place et sa cadence, pourrait arriver dimanche soir sur la pointe bretonne à un moment fatidique de la renverse de courant. A une ou deux heures près, le scénario pourrait lui être très favorable ou au contraire offrir une occasion au reste de la troupe de recoller un peu les morceaux….

Gildas Morvan remporte le prix de la bouée Radio France

Le skipper de Cercle Vert a été le premier à franchir la ligne partant de la 300° à partir du Phare Tour de Hercule à La Corogne. Il a été suivi par Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) et Romain Attanasio (DCNS 62).

Ils ont dit

Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) : « le spi se balade beaucoup »

« Il y a une grosse houle résiduelle liée aux coups de vent de ces derniers jours. On est au largue sous spi mais avec une houle de travers et c’est très instable. Le spi se balade beaucoup. J’ai 15 nœuds de vent dans le 240 avec beaucoup de mer, je marche à 8 nœuds et ça avance bien, c’est sympa, je suis content de me retrouver là. Il faut adapter la stratégie mais globalement ça reste une course de vitesse sous spi et ceux qui vont vite devraient s’y retrouver. On vient de sortir d’une bande de nuages et ma peau de rouquin va avoir besoin de sa casquette sous le soleil. Hier j’ai pris un bon coup de chaud en volant le départ et en partant bon dernier, mais j’ai réussi à prendre le bon wagon et à passer dans des trous de souris, donc tout va bien. Dans mon trois quart arrière, je vois Romain Attanasio et Gérald Veniard par mon travers. »

Nicolas Lunven (Foncia) : « rapide jusqu’à la pointe Bretagne »

« Il a fallu négocier cette nuit tout le passage de la pointe du cap Finisterre, où il y avait des effets de côte, des endroits où ça tamponne, d’autres où ça accélère. Il y avait des choses à faire, Gildas Morvan s’en est bien sorti. Je ne suis pas très loin du petit paquet de tête puisque j’ai Koné, Athema, Fred Duthil pas très loin, il faut que je m’accroche pour rester avec eux. Jusqu’à la pointe Bretagne ça va être rapide, avec un risque de molle sur la fin. Mais les premiers devraient s’en tirer mieux que les derniers donc je n’ai pas trop à me plaindre. »

Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile) : « pas à l’abri d’un miracle »

« E.Leclerc Mobile glisse sous spi sur la grande bleue, mais hélas un peu moins vite que ceux qui sont devant… tout simplement parce qu’on a un peu moins de vent. Je ne suis pas bien parti, je n’ai pas réussi à m’extraire du paquet ou j’étais. Depuis hier soir, ça se barre par devant comme sur  l’étape précédente.  Ce n’est pas une sensation agréable, j’ai un peu l’impression d’être à l’envers. Par exemple hier soir, je me suis posé la question d’empanner quand j’étais à côté de Gildas Morvan et puis je ne l’ai pas fait… et voilà le résultat : il est devant avec un wagon d’avance et moi derrière ! C’est semi-sympa, la mer est assez désordonnée, je ne sais pas qui a rangé ça mais c’est le bazar ! Le bateau est un peu brinquebalé dans tous les sens et faut être à la barre et aux réglages, car ça ne se fait pas tout seul. J’espère bien que l’arrivée sur la pointe de Bretagne et la remontée de la Manche vont nous permettre de nous refaire, on commencera à le savoir demain en fin de journée. Mais bon, même Federer a perdu sa place de numéro un mondial, ça veut donc dire qu’on n’est jamais à l’abri d’un miracle ! »

Soazig Guého

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