Vendee Globe: Arnaud Boissières - La Mie Câline : Nouveau départ aux antipodes

Friday, 30 December 2016


A retenir :

Pointé onzième ce matin, Arnaud Boissières bagarre avec quatre concurrents très proches, un groupe reformé à l’approche d’une sévère dépression.

La Mie Câline vient de franchir la longitude de la Nouvelle-Zélande, cap sur le Horn, distant de 5000 milles.

La course est relancée pour ces skippers pour qui l’océan Pacifique devrait être relativement clément, au moins dans sa première moitié.

Chaque mille parcouru rapproche désormais La Mie Câline des Sables d’Olonne. Après un Indien difficile, Arnaud espère retrouver de bonnes sensations dans le Pacifique Sud. La régate avec quatre autres concurrents tous proches est la plus belle promesse pour traverser ce « grand nulle part » qui devrait les conduire vers le cap Horn dans deux semaines environ.

 Même aux antipodes, la trêve des confiseurs n’est donc pas un mythe. Mais elle ne dure pas bien longtemps ! Après avoir dignement fêté Noël – « un Skype avec ma femme, un autre avec la famille, pas mal de cadeaux avec Nutella et foie gras, c’était dense et un peu dur pour l’estomac, j’avoue ! » – il a fallu ralentir La Mie Câline préventivement. 36 heures à patauger après les longs surfs. Pas d’histoire de casse matérielle cette fois-ci, juste la prudence élémentaire qui veut qu’on ne se jette pas dans la gueule du loup à mi-course. Le loup, c’est cette dépression très creuse qui descendait de la Nouvelle-Zélande en s’accélérant méchamment. 50 nœuds annoncés, des rafales à 70, une mer sans doute énorme au milieu. Le gain d’avoir le souffle de cet animal dans le col du ciré était hypothétique, la perte potentiellement énorme…

Pendant que La Mie Câline attendait donc sagement de récupérer la traîne du phénomène dans le Nord, Arnaud a vu revenir par le Sud Enda O’Coineen (qui se déroute actuellement vers l'île Stewart), Alan Roura, Eric Bellion, Fabrice Amedeo et Rich Wilson. Trois vieilles connaissances de l’Atlantique Sud et deux petits nouveaux !

Voici donc les cinq skippers dans un rayon de 200 milles, comme au départ d’une nouvelle course après la mi-temps. Il reste 11 000 milles pour se départager dont 5 000 d’océan Pacifique, ça devrait aller ! « Ce sont des concurrents à ma portée, confiait Arnaud hier soir, manifestement heureux de retrouver des camarades de jeu. Mais depuis le 6 novembre, j’ai souvent dit ça et vu des gars partir par devant, donc méfiance. A certains moments, j’ai l’impression de naviguer à 60% du potentiel du bateau et ça, ça m’énerve. Je suis vraiment obligé de faire très très attention dans les manœuvres. Tant que ma grand-voile va bien, je vais bien. Mais quand je prends un ris, j’ai quand même l’impression d’être à l’école de voile !… »

Drôle d’endroit pour une rencontre

En attendant de pouvoir renvoyer de la toile la nuit dernière, Arnaud a été obligé de lutter contre un concurrent inattendu. L’île Auckland s’est dressée face à La Mie Câline comme dans un mauvais film d’aventure. « Il a fallu loffer pendant deux heures, je m’en voulais car j’avais mis un way point 80 milles avant pour passer dans son Sud sans à-coup. Mais, trop concentré sur la vitesse et le gain vers l’Est, je ne l’ai pas respecté… Remarque le passage a été sympa. J’ai pu filmer, il y avait beaucoup d’oiseaux et pas mal de mer aussi. J’ai quand même eu un grain à 40 nœuds quand je loffais au max pour contourner, c’était un peu chaud. Là ça va mieux ! »

Le petit crochet autour de celle qu’on pourrait bien rebaptiser « Cali Island » n’a pas eu beaucoup d’influence au classement, Arnaud était à nouveau le deuxième plus rapide du groupe emmené par Eric Bellion. « Comme beaucoup de bizuth, Eric connaît maintenant pleinement son bateau et prend visiblement plus de risques. A certains moments, il va très vite, d’autres, il calme le jeu, c’est intéressant à observer. »

Entre la surveillance des concurrents directs, la marche du bateau, l’entretien des multiples petits bobos de La Mie Câline, il faut encore trouver le temps de se projeter dans les deux prochaines semaines. « Ce que j’ai pu voir des fichiers n’est pas si mal. Il va y avoir une transition derrière cette dépression, du mou à gérer où il faudra trouver les bons angles mais rien de très sévère dans la première partie du Pacifique. Jusqu’à 2000 milles du Horn, on devrait plutôt naviguer sans trop de pression. C’est comme si cette dépression était en train de tout nettoyer sur son passage. On va pouvoir à nouveau régater, c’est plutôt sympa ! »

Toutes les informations sur le projet d’Arnaud et de La Mie Câline sur : www.lequipedarnaud.fr 

 Contact presse
Mille & une vagues
Soazig Guého - +33 6 62 08 75 44

Last Updated ( Friday, 30 December 2016 )