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Route du Rhum: Classe 40 Gildas Morvan menace Phil Sharp |
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Monday, 13 November 2006 |
Vincent Caumes:
Les Classe 40 ne sont décidément pas ménagés dans cette Route du Rhum-La Banque Postale. Après avoir affronté une grosse mer et des vents très forts en milieu de semaine, ils ont eu droit la nuit dernière à des vents très instables qui en ont obligé beaucoup à passer une nuit blanche, sans cesse aux manoeuvres. De vraies conditions de Figaristes dans lesquelles le deuxième, Gildas Morvan (Oster Funds) a fait parler son expérience : alors qu'il avait 90 milles de retard sur le leader anglais Phil Sharp hier soir, il n'en a plus qu'une soixantaine au pointage de 16h. Et comme l'Anglais n'a plus de Gennaker, la bataille entre ces deux-là pourrait bien être serrée autour de la Guadeloupe, mercredi ou jeudi.
Car la victoire en Classe 40 devrait décidément se jouer entre ces deux marins, tous deux aux manettes d'un Pogo 40. Tous les autres en effet avouent se battre maintenant pour la 3e marche du podium. Le pointage est révélateur en ce sens : grosso modo Phil Sharp et Gildas Morvan ont encore 450 à 500 milles à courir d'ici l'arrivée. Mais à partir du troisième, l'Atao Audio System de Dominic Vittet, c'est encore 840 milles de navigation qui s'affichent sur le même indicateur...
Avec des options très marquées au nord, au sud et dans l'axe, la bataille sera serrée pour le dernier accessit : il y a moins de 100 milles en distance au but entre le troisième et le huitième. Parmi eux, Olivier Rabine (Ixsea, 4e) - qui fait une course superbe, toujours aux avant-postes depuis le départ de Saint-Malo voilà quinze jours - va devoir se battre avec un lourd handicap : il n'a plus de pilote automatique depuis 48 heures. Alors que les vitesses de tous chutent ce soir, ceux qui semblent le plus souffrir sont les partisans de l'option sud comme Dominic Vittet ou Benoît Noblet (Appart City, 7e). Dans cette catégorie, la course va se jouer dans les deux ou trois jours.
Dans les autres séries, la bagarre est toujours serrée pour la 7e place en 60 pieds Imoca entre Anne Liardet (Roxy) et Marc Guillemot (Safran), respectivement à 232 et 259 milles de l'arrivée, mais empétolés ce soir avec des vitesses moyennes faibles, de l'ordre de 5 noeuds. Chez les multis classe 2, Victorien Erussard sur Laiterie de Saint-Malo n'a plus que 260 milles à faire avant de monter sur la 3e marche du podium. Pierre Antoine (Imagine-Institut des maladies génétiques), en multi classe 3, est encore à 826 milles de la victoire.
Chez les autres monocoques, les leaderships sont relativement bien affirmés : en classe 3, le Roaring Forty de Michel Kleinjans a 260 milles d'avance ; en classe 1, le Jeunes Dirigeants de Pierre-Yves Guennec possède un capital de 100 milles sur son dauphin. En mono classe 2, enfin, c'est plus serré, l'Artforms de Kip Stone n'ayant plus que 65 milles d'avance sur le Vedettes de Bréhat-Cap Marine de Servane Escoffier.
Aucune arrivée à Pointe-à-Pitre aujourd'hui, les plus proches du but étant Roxy, Safran et Laiterie de Saint-Malo. Parmi les autres nouvelles de la course, on en a appris une très bonne : Charlie Capelle a réussi à récupérer son trimaran Switch.fr, chaviré dès les premiers jours de course au large du cap Finisterre.
Les échos du large
Classe 40
Gildas Morvan (Oyster Funds)
"Pour moi ça s'est bien passé cette nuit, mais on a bossé... Il y'avait du travail pour au moins toute l'équipe du Sill & Veolia de Bilou mais j'étais tout seul! On a eu des grains incessants, avec un vent qui passait nord-ouest, puis nord, puis nord-est, 50 degrés de bascule, il fallait manoeuvrer et relancer sans cesse, un vrai boulot de Figariste! Mais ça commence vraiment à jouer avec Phil Sharp. Je suis bien revenu sur lui et comme je sais qu'il n'a plus de gennaker, au reaching l'affaire peut bien tourner pour moi. Mais il est bien trop tôt pour dire qui va gagner. On va traverser une zone de pétole, une phase de transition avec derrière un alizé faiblard... enfin, ça peut être bien aléatoire autour de l'île. On verra bien. Pour l'instant je me vois arriver vers le 15 ou le 16."
Damien Grimont (Chocolats Monbana):
« On a manœuvré toute la nuit. Difficile de trouver des heures de sommeil, les vents changent tout le temps. Ceci dit, en croisière ce serait parfait : depuis ce matin, c'est une des premières fois qu'on voit vraiment le soleil. Le bateau glisse tout seul. Il y a des petits nuages d'alizés. Ou plutôt ils ont la couleur de l'alizé, l'odeur de l'alizé… mais ce ne sont pas les alizés ! Côté course, les sudistes devraient toucher des vents refusants et ralentir, et les nordistes pourraient avoir un peu de mal à redescendre. Mais j'arrête les ETA... Je vais commencer à manquer de vivres. Alors je rationne et je mange du chocolat. Il me reste 20 litres d'eau pour tenir six jours. J'optimise en buvant régulièrement mais des petites gorgées, pour avoir la meilleure hydratation. Le podium ? Un, Morvan ; deux, Sharp ; trois… ah, ah ah ! On va essayer ! C'est ce que je vise mais honnêtement, c'est pas gagné ».
Gwenc'hlan Catherine (Tchuda Popka 2)
"Il y a vraiment des trajectoires très différentes et une belle bagarre de la 3e à la 10e place, je pense qu'on y verra plus clair d'ici 3 ou 4 jours, mais c'est assez intéressant entre ceux du nord, ceux du sud et ceux du milieu. J'ai choisi mon camp.. Après ma participation au sauvetage de Joé (Seeten), travers à la vague et au vent dans une mer forte, ça fait du bien d'avoir des conditions plus clémentes et l'essentiel c'est de prendre du plaisir."
Dominic Vittet (Atao Audio System)
"On ne chôme pas! Il y a un peu de tout. Des grains, des molles, des rafales... alors je suis vraiment occupé. Au milieu, Chocolats Monbana et ceux qui le suivent ont souffert un peu cette nuit (au pointage, ndr), moi j'ai réussi à m'échapper un peu par le sud, mais c'est momentané. La suite à moyen terme ? Je ne vais pas te le dire sinon tu vas le répéter à tout le monde!"
Olivier Rabine (IXSEA)
"Je n'ai plus de pilote automatique depuis 48h et c'est vraiment rageant car on faisait une belle course jusque là. En solitaire, c'est très handicapant. Je suis obligé d'amarrer ma barre et forcément, dès que je veux dormir où aller à l'intérieur et qu'il y a une bascule de vent, je perds fatalement du terrain sur mes adversaires directs comme Ian Munslow. Les avaries font partie de la course, c'est comme ça…Je vais me battre jusqu'au bout pour tenter d'accrocher la 3e place, mais ce sera difficile dans ces conditions. Ceci dit, après avoir souffert au classement cette nuit, en ce moment je vais vite sous spi et je suis reparti de plus belle ce matin.
Monocoques 60' Imoca
Anne Liardet (Roxy), 7e en 60 pieds Imoca :
« je suis un peu fatiguée de la pétole. Ce n'est vraiment pas drôle. Le vent de nord-est est un peu revenu maintenant. Comme il y a une grosse patate (zone sans vent, ndlr) dans mon sud-est, j'essaie d'aller dans l'ouest pour ne pas me faire à nouveau empétoler. »
Marc Guillemot (Safran), 8e en 60 pieds Imoca :
« La situation n'est pas simple. J'avançais correctement hier, jusque dans la soirée. Puis le vent est complètement retombé. La nuit a été très difficile. Et maintenant, j'ai un vent faible de direction variable ! »
Multicoques Classe 2
Loïc Escoffier (Deléage & Diazo), 4e en multi classe 2 :
« J'ai eu une nuit agitée. Je n'ai pas dormi de la nuit. J'ai joué avec toutes les voiles d'avant pour avancer correctement. Je suis assez fier de moi. Et puis j'ai encore grappillé des milles sur Victorien. Ça fait du bien ! »
Multicoques Classe 3
Pierre Antoine (Imagine-Institut des Maladies Génétiques), seul concurrent en multi classe 3 :
« J'essaye de courir avec les multis classe 2 qui sont à mes côtés. J'ai eu du mal à intégrer les chavirages de Charlie et Ross. C'est très difficile à vivre. J'ai eu du mal à repartir dans la course. Lorsque Charlie a chaviré, ce jour-là j'ai fortement ralenti. Avec ma grand-voile déchirée, le bateau n'est pas au max de ses capacités. J'ai réussi à faire une réparation de fortune afin de conserver toute la voilure, mais côté performance, la voile n'est plus qu'à 50%. »
Monocoques Classe 1
Pierre-Yves Guennec (Jeunes Dirigeants), leader mono classe 1.
« J'essaye de ne pas faire de bêtise, avoue Pierre-Yves. Mon bateau était un régal dans la brise, mais maintenant c'est malheureusement très mou. Il n'y a pas trop d'alizé. »
Philippe Chevallier (Antilles-Sail.com), 2e en mono classe 1 : <
« Je suis enfin sorti de la pétole. Pour le moral, cela fait du bien. Les vents faibles ont duré 36 à 48 heures. Psychologiquement, c'était un moment difficile. »
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Last Updated ( Tuesday, 14 November 2006 )
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