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En mer. Transat AG2R: Fusionner pour espérer gagne |
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Tuesday, 18 April 2006 |
Bruno Ménard:
La Transat AG2R est une course en équipage dans laquelle deux skippers s’associent sur un même bateau pendant près de trois semaines. La complémentarité, le partage des tâches, l’écoute et la bonne entente sont sans doute parmi les facteurs clefs de la victoire. Certains coureurs ont déjà navigué ensemble, pour d’autres, c’est une découverte mutuelle.
Deux types d’associationq
« Il y a deux types d’association » précise Jean Yves Chauve. « Il y a ce qu’on peut appeler les ‘vieux couples’, ceux qui se connaissent bien et qui ont déjà couru ensemble, c’est le cas des derniers vainqueurs, Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel sur Brit Air et puis il y a les ‘mariages en CDD’, le temps d’une course. Si les premiers partent sereins et ne se posent pas de question sur leur association, pour les seconds, ils vont évidemment en terrain inconnu. Il y a beaucoup de différences entre les coureurs, des différences d’âge importantes, comme entre Marc Thiercelin et Oliver Krauss (Siemens), des dissimilitudes de culture, des approches différentes de la course, certains étant issus de la course au large, d’autres pas. En tout état de cause, ces rencontres devraient être enrichissantes, sauf évidemment en cas d’absence de complicité ».
Être complémentaires
La route est longue et il est nécessaire d’être non seulement complices, mais respectueux l’un de l’autre. «Si le profil psychologique des équipiers peut influer sur la bonne marche du bateau, il en est de même pour le profil physiologique » poursuit le docteur Chauve. «Les rythmes de sommeil sont variables selon les individus, on est forcément du soir ou du matin et quand l’un est du soir alors que l’autre est du matin, c’est idéal pour l’organisation des quarts. Pour la nutrition, c’est pareil. Si l’un s’en fout un peu de son alimentation, quand l’autre a besoin de soigner ses repas, même en course, ça peut conduire au clash. D’autant plus que le temps consacré aux repas est un espace de convivialité, d’échange. Il peut être aussi un temps de ‘cadeau’ quand l’un prépare le repas pour l’autre. Il y a plusieurs critères de bonne entente et autant de raisons de se prendre la tête, surtout au bout de plusieurs jours en course, la fatigue, la promiscuité et le stress aidant.
Être à l’écoute de l’autre
En résumé, les compétences sportives ne suffisent pas toujours pour composer un équipage gagnant. Jean Yves Chauve va même au-delà de la physiologie en mettant également l’accent sur les goûts musicaux, sur l’alchimie nécessaire entre les deux équipiers. «L’objectif sportif commun n’est pas suffisant pour gagner. La dernière semaine est la plus pénible, même si les alizés rendent la navigation plus confortable. C’est le moment où les oppositions émergent, où l’agressivité est à fleur de peau. Si une relation dominant-dominé était latente, elle peut exploser. Le co-skipper peut alors remettre en question l’autorité du skipper. Je pense à des tandems où le skipper est moins expérimenté et plus jeune que l’équipier, comme Armel Tripon et Eric Drouglazet ou encore Servane Escoffier et Christophe Lebas. Dans le cas d’un équipage ‘mixte’, la promiscuité peut compliquer un peu les choses. Il est nécessaire de respecter une certaine intimité, ce qui dans un espace aussi petit n’est pas des plus simples. Par ailleurs, l’attention à son équipier passe aussi par la capacité à voir si l’autre à un coup de mou, pour prendre le relais le temps qu’il récupère.
En tout état de cause, un équipage gagnant sera un équipage qui aura eu une vraie exigence sportive, mais aussi, un regard attentif à l’autre, une relation d’écoute et de respect. Mais, nous avons rarement connaissance de ce qui s’est réellement passé entre équipiers. Les marins sont secrets».
www.transat-ag2r.com |
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Last Updated ( Tuesday, 18 April 2006 )
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