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Transat AG2R : Comme un deuxième départ cette nuit à Porto Santo |
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Friday, 14 April 2006 |
Bruno Ménard:
Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com) ont pris les commandes de la Transat AG2R, à la faveur d’une option à l’est qui s’avère payante, après 24 heures de calmes. Vers minuit on pourrait bien assister à un tassement quasi général à la bouée de Porto Santo, où sera jugé le prix intermédiaire Top Cap’AG2R. A 16h, le trio de tête est complété par le Banque Populaire de Jeanne Grégoire et Gérald Véniard et Les Mousquetaires, le Figaro Bénéteau de Bertrand de Broc et Benoît Petit.
Rendez-vous minuit Porto Santo pour 2e départ Transat AG2R et remettre compteurs à zéro avant traversée Atlantique. Ce pourrait être le titre de la petite annonce passée par Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com), qui ont pris ce matin la tête de la Transat AG2R. Fort bien inspirés, les deux complices se sont recalés devant tout le monde après leur petite escapade à l’est. Une option osée… et payante, au moins pour l’instant. Le vent de sud-sud-ouest a succédé à la pétole. Il souffle à nouveau faiblement mais pourrait bien se renforcer en soirée (façon de parler, autour de 10 nœuds) et surtout tourner ouest, ce qui – chacun son tour – avantagerait les bateaux de l’ouest, ceux du flanc droit de la flotte.
Pour l’instant, à 16h, Aquarelle.com, donc, mène la danse. « C’est sympa, on fait une belle trajectoire et depuis quelque temps on prend des milles. On grignotait depuis deux jours et on savait qu’aujourd’hui serait une belle journée. On sera dans la nuit à Porto Santo et on a la balle ! » sourit Yannick Bestaven.
Quelques encablures derrière, Bertrand de Broc, lui, ne s’émeut pas plus que ça de sa 3e place au pointage : «nous ne faisons pas tout à fait la route et nous avons de l’écart latéral à refaire par rapport à ceux qui sont à notre vent. Alors on se considère dans le paquet de tête, c’est tout », tempère le navigateur des Mousquetaires. Grosse ambiance en revanche à bord de Banque Populaire, revenu de la 14e place à 16h hier soir à la 2e aujourd’hui ! « C’est super, on a fait comme dans les livres sous deux gros nuages noirs cette nuit et ça a marché » rigole Gérald Véniard.
« Même enlevés par des extraterrestres… »
Humeur plus légère, voix plus détendues à la vacation, plaisanteries qui fusent (Jean-Luc Nélias, Veolia: « on parle de s’arrêter 15 jours à Porto Santo en attendant une météo moins aléatoire pour traverser l’Atlanqique»), le moral est revenu en même temps que le vent sur la flotte. Alors qu’hier, personne ne se voyait avant samedi dans la journée à Madère, tous parlent plus volontiers maintenant de cette nuit. « Et ce sera quasi comme un deuxième départ j’ai l’impression », lâche Armel Le Cléac’h (Brit Air, 8e à 6,8 milles), bien revenu dans le match. « Si ça se trouve, on va se retrouver à 15 à passer la porte en l’espace d’une heure, c’est sympa de se retrouver tous comme ça », s’amuse Corentin Douguet (E.Leclerc-Bouygues Telecom, 6e à 6 milles).
A 70 milles du passage à Porto Santo qui marque la fin des premiers 1000 milles de course (sur 3710 au total) et le début de la grande traversée, l’effet entonnoir joue à plein : Brossard (Fred Duthil-Sam Manuard), pourtant 12e, n’est qu’à 9,5 milles du leader et ce n’est qu’un exemple. Quoiqu’il se passe d’ici la bouée les écarts resteront faibles : « et la course se joue à Saint-Barth’, pas à Porto Santo !» rappelle Jean-Luc Nélias. Christophe Bouvet (Guy Hoquet Immobilier 20e à 30 milles) est bien de cet avis : « A l’échelle d’une Transat, nos 30 milles de retard ne me paraissent pas grand-chose. »
En outre, même un « arrêt au stand », comme celui qu’annoncent Servane Escoffier et Christophe Lebas (Armor Lux - Salaün Holidays) et Objectif Océans (Pierre-Emmanuel Pavageau-Nicolas Bertho) pour réparer leurs spis sont loin d’être rédhibitoires, même si obligatoirement d’au moins trois heures. Stanislas Maslard et Liz Wardley, les géniaux bricolos de Donneurs de Vie-All Mer acquiescent à distance. Ceux là peuvent s’arrêter pour réparer (remplacement de l’étai brisé prévue demain matin), il ne peut plus leur arriver grand’chose. « Notre étai de fortune tient bien la route, la preuve, on grignote », s’amuse Stan, « Entre les spis déchirés, l’étai qui casse et autres bricoles en tous genres, on est devenu de vrais Mac Gyver à bord. J’ai l’impression que même si on se fait enlever par des extra-terrestres ou même si une baleine coupe en deux notre bateau, on finira cette course ! » Et puis, « devant ils peuvent très bien coincer au début de la traversée, alors trois heures de retard… »
Devant ? « Un alizé léger semble s’établir. Il convient d’être un peu moins pessimiste que ces derniers jours », assure le directeur de course, Jean Maurel. Marc Thiercelin (Siemens) reste méfiant : « a priori la deuxième partie du parcours sent un peu la difficulté. Tant mieux, ça ne me dérange pas ».
En attendant qui passera le premier cette nuit à Porto Santo et empochera le Top CAP’ AG2R ? Il y a des récompenses pour les trois premiers. La nuit sera chaude du côté de Madère.
http://www.transat-ag2r.com |
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Last Updated ( Friday, 14 April 2006 )
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