En mer. Transat AG2R: Coup de frein au programme après la furie Print E-mail
Tuesday, 11 April 2006
Bruno Ménard:


Charles Caudrelier et Nicolas Bérenger (Bostik) ont pris les commandes de la Transat AG2R marquée par une deuxième nuit de vent fort – 35 nœuds et mer grosse au Cap Finisterre. L’info du jour, c’est l’abandon de Jean-Pierre Dick et Bruno Jourdren (Virbac-Paprec) suite à la rupture d’étai de leur Figaro Bénéteau. Même avarie pour Esprit 93, mais Marine Chombart de Lauwe et Julien Branger envisagent de réparer à Vigo pour repartir. Côté météo, on s’attend à un net ralentissement demain voire dès cette nuit.

Quelles nuits ! A fond sous spi, les 28 équipages de la Transat AG2R ont doublé le Cap Finisterre dans des conditions plus que musclées : 35 nœuds de vent de nord-est (force 8…) heureusement portant, mais dans une mer grosse et chaotique, comme souvent à cet endroit redouté des marins. Résultat : un mélange de plaisir à faire s’affoler les compteurs dans des surfs à 20 nœuds et de stress permanent par crainte pour le matériel dans les petites sorties de route que les marins appellent des « vracs ». A la vacation radio du jour : « beaucoup de concurrents se plaignent de petites avaries, des spis déchirés qu’il faut réparer au plus vite, des bras de spi ou des écoutes qui lâchent, des drisses abîmées », note le directeur de course, Jean Maurel.

Pour deux bateaux, l’incident a été plus grave. Virbac-Paprec (Jean-Pierre-Dick-Bruno Jourdren) et Esprit 93 (Marine Chombart de Lauwe – Julien Branger) ont cassé leur étai. Les premiers vers 2h, les seconds vers 9h. Tous deux ont réussi à sauver leur mât et font route à sec de toile vers Vigo qu’ils devraient atteindre demain matin. L’équipage de Virbac-Paprec, a décidé de jeter l’éponge, «la mort dans l’âme. C’est une avarie très importante puisque la rupture de ce câble peut faire tomber le mât. Nous avions bien et beaucoup travaillé pour ce projet » a soupiré le double vainqueur de la Transat Jacques Vabre, qui venait pour gagner. Marine Chombart de Lauwe et Julien Branger, eux, ont joint leur équipe à terre pour étudier la faisabilité d’une réparation à Vigo et continuer, même hors course, à défendre encore les couleurs de la Seine-Saint-Denis. « Il est tellement beau ce projet, il défend de si belles valeurs ce bateau… explique Marine. «A cet instant nous n'avons pas abandonné. Il est important pour moi de tout essayer pour porter les valeurs d'Esprit 93 à l'autre bout de l’Atlantique ».

Bostik leader

Et la course dans tout ça ? Jean Maurel, encore : « A mon sens, les classements sont toujours anecdotiques pour l’instant et incroyablement variables. Les écarts sont faibles : 20 bateaux en 30 milles. Il suffit d’un empannage pour suivre une oscillation du vent et on peut perdre 7, 8 ou 10 places.. Regardez Aquarelle.com (Yannick Bestaven-Ronan Guérin) ils étaient en tête au pointage de ce matin et se retrouvent 17e au classement de 16 h ! » Des bateaux comme Gedimat (Armel Tripon-Eric Drouglazet, de 18e à 9e) ont fait le chemin inverse. Les héros du départ de Concarneau, Eric Defert et Gwen Riou sur Suzuki Automobiles, eux, sont aux anges : 3e au classement de ce midi, ils se maintiennent encore à la 5e place à moins de 9 milles ce soir. « C’est super, super, super ! » a éclaté de rire Eric Defert en apprenant la bonne nouvelle à la vacation.

Les leaders ? Quatre ténors en moins de 9 milles, à 3184 de l’arrivée : Bostik (Charles Caudrelier et Nicolas Bérenger, en tête), Veolia (Roland Jourdain-Jean Luc Nélias, 2e à 6 milles), Delta Dore (Jérémie Beyou, Vincent Riou, 3e à 7 milles) et Groupe Bel (Kito de Pavant, Pietro D’Ali, 4e à 8,8 milles. Honneur à Bostik qui mène la danse depuis le classement de ce midi. Charles Caudrelier et Nicolas Bérenger ont profité de longs surfs rageurs pour frôler le record de vitesse absolue en Figaro Bénéteau sur 24 heures. Pour rafler le Top Chrono AG2R du jour, ils ont parcouru 268,7 milles entre lundi et mardi midi, soit une moyenne de 11,19 nœuds. Sur un monocoque de 10 mètres… « Quand on sait que le record de la Route du Rhum sur des trimarans de 60 pieds est à 11,2 nœuds, ça laisse songeur », sourit Jean Maurel , « ils vont 100% plus vite qu’un bateau de croisière de la même taille…»

Mais les grandes vitesses seront peut-être vite un joli souvenir. A la vacation de ce midi, tous disaient que le vent avait déjà molli. « Mais c’est devant eux qu’ils ont une zone de calme à négocier, demain voire dès cette nuit», annonce Jean Maurel. Il faudra alors choisir comment la négocier au mieux mais « à priori il ne sera de toutes façons pas facile de la contourner complètement ». Et donc la flotte devrait ralentir. « J’espère que ça ne permettra pas à ceux de l’arrière de revenir » a soupiré Jérémie Beyou. Rien n’est moins sûr.

http://www.transat-ag2r.com/
Last Updated ( Tuesday, 11 April 2006 )
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